La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle
IL EST RESSUSCITÉ !
N° 118 – Juin 2012
Rédaction : Frère Bruno Bonnet‑Eymard
JÉSUS-CHRIST ET LA VIERGE MARIE,
VRAI ROI ET VRAIE REINE DE FRANCE
« À vues humaines, il n’y a donc plus d’espoir de sauver nos nations chrétiennes qui semblent disparaître à jamais, laissant place à un monde anarchique, livré à la loi du plus fort et du plus vicieux. Il serait donc inutile de travailler à bâtir une doctrine de renaissance politique s’arc-boutant sur la foi catholique si, le 13 juillet 1917, Notre- Dame à Fatima n’avait annoncé le triomphe de son Cœur Immaculé et qu’ “ il sera donné au monde un temps de paix ”.
« Le 13 octobre 1917, les pastoureaux contemplèrent aussi dans le Ciel de Fatima saint Joseph, l’Enfant-Jésus et Notre-Seigneur bénissant le monde. En outre, le vocable choisi et révélé ce jour-là par la Vierge de Fatima, “ Notre-Dame du Rosaire ”, rappelait son intervention puissante dans la vie de l’Église et la défense de la Chrétienté.
« Car Dieu veut intervenir dans la vie politique, tant il est vrai qu’Il règne sur tout l’univers : Jésus-Christ a acquis par sa Croix la royauté universelle qui réclame la soumission non seulement des cœurs, mais de tout l’ordre humain, à sa loi et à ses volontés.
« L’histoire de France illustre parfaitement cette intervention de Dieu dans l’histoire humaine, en particulier par la vie et l’œuvre de sainte Jeanne d’Arc.
« Ses vertus, son énergie, ses victoires, puis après Reims, ses échecs, ses prisons, son procès, sa mort affreuse, tout va et court à un certain but que savent les êtres célestes qui la guident. Selon son faict et selon ses dicts, c’est l’intervention de Jésus-Christ en personne dans notre histoire humaine, politico-militaire, en faveur du royaume de France. Bien plus, c’est, par le moyen de la libération du territoire et du sacre du roi à Reims, le rappel éclatant et la manifestation de l’Alliance qui lie ce sang royal, cette dynastie, ce royaume à Lui Jésus-Christ, comme vrai roi de France et suzerain immédiat de ce roi et par lui de tous ses vassaux, comme de tout son peuple.
« Cette alliance sera rappelée par des apparitions à sainte Catherine Labouré, rue du Bac à Paris, à la veille de la révolution de 1830. Elle vit le Christ dépouillé de ses ornements et des attributs de son pouvoir : “ C’est là que j’ai eu les pensées que le roi de la terre serait perdu et dépouillé de ses habits royaux. ” Ce que la Sainte Vierge lui confirmera dans la nuit du 18 au 19 juillet : “ Les temps sont très mauvais, des malheurs vont fondre sur la France : le trône sera renversé, le monde entier sera renversé par des malheurs de toutes sortes. ” Elle dira encore : “ Le monde entier sera dans la tristesse ”, tant il est vrai que la disparition de la monarchie très chrétienne marqua le triomphe de l’impiété, qui cependant n’aura qu’un temps.
« Car la Sainte Vierge, après le Sacré-Cœur à ses confidentes, promet le triomphe universel de son Cœur Immaculé et un temps de paix pour le monde.
« Citons encore saint Pie X tirant la leçon de l’histoire sainte de France :
« “ Un jour viendra où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une lumière céleste, et entendra une voix qui lui répétera : Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ? ”
« Annonçant sa conversion, le saint Pape continue :
« “ Et elle, tremblante et étonnée, dira : Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? Et Lui : Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, Fille aînée de l’Église, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et tous les rois de la terre. ” » (Point 74)
LA FRANCE, LA FRANCE SEULE !
Jésus règne. Sur les nations chrétiennes, qui reconnaissent sa royauté. L’internationale est un mensonge de Satan, ou plutôt une tentative d’usurpation. Jésus règne sur des nations ; à chacune, il a fixé une vocation. C’est leur bonne entente, leur concert harmonieux que le démon cherche à dissoudre pour lui substituer une gigantesque organisation mondiale... à son service exclusif !
Qu’est-ce qu’une “ nation ” ?
C’est la société parfaite, se suffisant à elle-même pour atteindre son “ bien commun ”. Au-delà, elle noue avec d’autres “ nations ” des relations inter-nationales.
Notre Point 75 l’établit en trois propositions dont la première offre le fondement métaphysique de la nation, et les deux autres son fondement expérimental, historique.
« 1. L’homme est un être social. La famille est antérieure à l’individu, contrairement à l’idée insensée de Jean-Jacques Rousseau selon laquelle toute communauté humaine résulterait d’un “ contrat social ”. Le fait primordial est tout autre : un homme vient au monde, appelé par des hommes qui vivaient avant lui.
« Mais une famille ne vit pas seule, elle se développe et s’agrège à d’autres familles pour former, dans un premier temps, une société inorganique et illimitée, sans structure ni frontières : un “ peuple ”, avec des mœurs, une langue, un intérêt communs.
« 2. Quand les peuples se “ civilisent ”, ils accumulent et se transmettent, de génération en génération, des biens spirituels et matériels, patrimoine d’une “ communauté historique ”, c’est-à-dire d’une société où la terre, les morts qui y reposent, les vivants et leurs traditions constituent un héritage, objet d’un attachement, d’un sentiment “ patriotique ”, générant dévouement et héroïsme.
« 3. La nation proprement dite, la France de Jeanne d’Arc, – l’Angleterre ! c’est autre chose –, c’est beaucoup plus ! la nation est une communauté humaine supérieurement organisée et nettement séparée des autres nations ses voisines, à l’intérieur de laquelle ceux qui lui appartiennent trouvent ordre politique et paix assurés par un État souverain. Sans État point de nation. Sans nation, point d’État. Pour qu’il y ait nation, il faut la puissance d’un État, un principe organisateur de la communauté politique, dont l’âme et le lien substantiel est une autorité souveraine, dont la forme la plus parfaite est la monarchie, à condition que le monarque gouverne non pas en tyran, mais en “ lieu-tenant ” du Christ qui est Roi des rois et Seigneur des seigneurs.
« La métaphysique relationnelle nous expose la racine ontologique de l’amitié, de l’amour, de la charité, donc du patriotisme et, plus fermement, du nationalisme. Loin de s’accomplir par lui-même en suivant des principes individualistes, c’est par ses frères humains, avec eux et, merveille plus grande encore, dans ses frères, ses proches, sa famille, sa nation, et pour eux tous que chaque individu trouve enfin son accomplissement et sa béatitude commençante. Cette adhésion de la personne à la société est un besoin, un désir de tout l’être de s’ouvrir aux autres et au monde, et à Dieu immensément, infiniment, pour “ être plus ”, non en soi, mais ensemble avec les autres, en union, en communauté. C’est ce qui explique aisément l’élan, le dévouement de l’individu pour la communauté qui désire parfois aller jusqu’au sacrifice suprême. » (Point 75)
LE NATIONALISME CATHOLIQUE
« À la lumière de sa foi chrétienne, le phalangiste, selon le peuple auquel il appartient, l’état de fait où il est engagé, devra se faire une conviction de son nationalisme, sage, réaliste et prudente, dégagée de toute passion et de tout préjugé malsain. Il examinera la valeur politique de son appartenance à un peuple, à une nation, à un empire qu’il n’a pas choisis, en se purifiant de tout orgueil politique et du venin de l’esprit révolutionnaire. Ordinairement, il suivra la doctrine et la pratique de l’Église romaine, il acceptera l’ordre séculaire dans la fidélité aux traditions de son peuple, dans le respect des lois de sa nation et des traités internationaux.
« 1. Pour le phalangiste français, le devoir est d’une admirable simplicité. Il appartient à une nation conçue par l’Église et créée par des rois qu’elle-même a choisis, baptisés, sacrés et élevés à cette souveraineté glorieuse de “ lieutenants du Christ qui est vrai Roi de France ” (Jeanne d’Arc), garantie par tant de prophéties, de miracles et de sainteté. Le nationalisme français n’a donc rien de révolutionnaire, rien d’agressif. Il est conservateur et créateur d’ordre. Le renforcer, c’est aider à la prospérité et à l’élévation des peuples qu’il rassemble, c’est participer à la restauration d’une communauté pacifique des nations et à l’extension de la civilisation humaine.
« 2. Le nationalisme français ne peut être confondu avec n’importe quel nationalisme des autres pays européens et même latins, tous différents ; il ne doit pas conduire à une fraternité idéologique et à une entente entre les nationalistes de tous les peuples et de tous les pays. Car le substantif d’où se prend la valeur d’un nationalisme, n’est pas l’idée de nation qui pourrait être équivalemment française, allemande, ou russe ou indienne. C’est la nation. Chaque nation a ses droits particuliers à l’existence, sa position singulière dans le nécessaire équilibre mondial, valeurs auxquelles on porterait un tort immense en les ramenant, en les réduisant à un dénominateur commun... international !
« Le nationalisme français est parfait, de la perfection incomparable de la France, fille aînée de l’Église, seconde patrie de tout homme civilisé. Il nous dicte notre devoir d’ardente fidélité, d’amour, de confiance et de dévouement dans sa défense jusqu’à la mort ; il est un intérêt quotidien porté au bien commun, à l’ordre intérieur, aux alliances, à la sécurité, au rayonnement de notre pays dans le monde.
3. Ainsi considérée, la nation historique, civilisée, facteur de communauté internationale, d’équilibre et de paix, est une part du dessein de Dieu dans le monde pour le salut éternel des hommes et leur bonne vie temporelle. L’Anti-France est antichrétienne. Le phalangiste, bon chrétien, sera donc bon Français !
« Il en va de même pour les autres nations ou patries catholiques, même si elles n’ont pas atteint dans le passé le même degré de perfection politique que le royaume des Lys. La France ayant perdu le sien doit le retrouver, les autres ne l’ayant pas encore eu peuvent le conquérir. Les principes que nous allons définir dans la suite s’appliquent excellemment à la France, les autres nations pourront les adapter à la réalité de leur situation, ou les adopter comme un idéal à atteindre à plus longue échéance, en fonction des desseins divins et de leur attachement à l’Église catholique.
« 4. Comme la restauration de la monarchie en France paraît difficile aujourd’hui sans une œuvre de contre-révolution préalable, et comme d’autres pays catholiques n’ont pas de tradition monarchique, nous préférons utiliser l’expression autorité souveraine ou encore chef de l’État dans la suite de l’exposé de notre doctrine puisque celle-ci peut inspirer d’autres formes de pouvoir souverain que la royauté. » (Point 76)
Frère Bruno de Jésus-Marie

La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle